Avertissement (octobre 2026) : les crypto-actifs et les NFT sont très volatils et leur achat comporte un risque de perte partielle ou totale du capital. Cet article d’information n’est pas un conseil en investissement. En France, seuls les prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) agréés et inscrits sur la liste blanche de l’AMF peuvent proposer ces services depuis le 1er juillet 2026.
Chercher les meilleurs jeux NFT pour investir, c’est d’abord faire un constat. En 2022, de nombreux titres vedettes promettaient une valorisation qu’ils n’ont pas tenue : les volumes d’échange se sont effondrés après la bulle, plusieurs projets ont disparu et les objets achetés au plus haut valent souvent une fraction de leur prix d’origine. Les jeux qui subsistent se jugent désormais sur leur intérêt de jeu, leur communauté et leur cadre légal, pas sur une promesse de plus-value.
Jeu NFT, play-to-earn, JONUM : de quoi parle-t-on ?
Un jeu NFT utilise des jetons non fongibles, enregistrés sur une blockchain, pour représenter des objets de jeu : personnages, cartes, terrains virtuels. Le joueur en est propriétaire au sens technique et peut les revendre à d’autres joueurs sur une place de marché. Le modèle dit « play-to-earn » promettait de rémunérer le temps de jeu par ces revenus de revente ou par un jeton propre au jeu ; il a montré ses limites dès que les nouveaux entrants ont cessé d’affluer.
En France, la loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique (SREN) a donné une existence juridique à ces jeux sous le nom de jeux à objets numériques monétisables (JONUM). Selon la réponse du gouvernement publiée par le Sénat, elle prévoit une période d’expérimentation de trois ans pour leur commercialisation et confie à l’Autorité nationale des jeux le contrôle des opérateurs. Un décret de février 2026 a lancé cette expérimentation : les éditeurs qui veulent proposer en France un jeu de ce type doivent se déclarer auprès de l’ANJ, et ces jeux sont réservés aux majeurs.
CryptoKitties, le pionnier devenu une curiosité
CryptoKitties, l’un des tout premiers jeux NFT sur Ethereum, permet d’élever, d’échanger et de croiser des chatons virtuels uniques. Son succès initial a été tel qu’il a ralenti une partie du réseau Ethereum à l’époque. Le jeu existe toujours, mais il n’attire plus qu’un public de collectionneurs ; les chatons achetés pendant l’engouement se revendent, quand ils trouvent preneur, très loin de leurs anciens prix. Il garde un intérêt historique plus qu’un intérêt financier.
Axie Infinity, ou les limites du play-to-earn
Axie Infinity, développé par le studio Sky Mavis, fait combattre de petites créatures appelées Axies. Il a été l’emblème du play-to-earn, au point que des joueurs en tiraient un revenu dans certains pays. Deux événements ont changé la donne : l’effondrement du prix de ses jetons quand la croissance du nombre de joueurs s’est arrêtée, puis, en mars 2022, le piratage du pont Ronin, la blockchain liée au jeu, l’un des vols les plus importants de l’histoire des crypto-actifs. Le jeu a depuis été remanié pour mettre le jeu lui-même avant les gains, ce qui illustre bien le risque de bâtir une stratégie sur un revenu de jeu.
Decentraland : des terrains virtuels à la valeur incertaine
Decentraland est un monde virtuel ouvert au public en février 2020, où les parcelles de terrain (LAND) et les objets sont des NFT. Les ventes de parcelles à des marques et des investisseurs ont fait les gros titres pendant la vague du métavers ; la fréquentation est restée modeste et le prix des terrains a fortement reculé. Une parcelle ne rapporte rien en elle-même : sa valeur dépend entièrement de l’intérêt que d’autres lui portent.
Gods Unchained : un jeu de cartes jugé d’abord sur son gameplay
Gods Unchained, lancé en 2019, est un jeu de cartes à collectionner dont chaque carte peut être convertie en NFT et revendue. Il fait partie des titres qui ont continué à évoluer après la bulle, en misant sur la qualité du jeu plutôt que sur la spéculation. Les cartes rares gardent un marché, mais étroit, et leur prix suit l’activité des joueurs : un jeu qui se vide entraîne la valeur de ses cartes avec lui.
Comment juger un jeu NFT avant d’y mettre de l’argent
Quelques critères permettent de trier les projets. La présence de joueurs réels, mesurable par l’activité de la communauté et les mises à jour du jeu, compte plus que le prix plancher de ses objets. La liquidité de la place de marché dit si l’on pourra revendre, et à quel écart de prix. Le statut de l’éditeur en France, depuis le cadre JONUM, indique si l’offre respecte les règles de protection des joueurs. Enfin, il faut savoir où sont conservés les objets et les jetons, et par qui.
Pour les joueurs qui veulent découvrir ces univers sans rien engager, les jeux NFT gratuits restent la porte d’entrée la plus prudente. Avant tout achat, il vaut mieux mesurer si des jeux NFT rentables existent vraiment et à quelles conditions, et ne consacrer à ces objets qu’une somme dont la perte resterait supportable.
Revenu, âge minimum, piratage : ce que risque un joueur de jeux NFT
Un jeu NFT peut-il garantir un revenu ?
Non. Aucun revenu n’est assuré : il dépend du prix auquel d’autres joueurs acceptent de racheter les objets ou les jetons du jeu, qui peut tomber à zéro.
Un mineur peut-il jouer à un jeu à objets numériques monétisables ?
Non. Le cadre expérimental français réserve ces jeux aux joueurs majeurs, comme les jeux d’argent en ligne.
Quels risques techniques faut-il connaître ?
Le piratage du pont Ronin a montré que les fonds et objets d’un jeu dépendent de la sécurité de son infrastructure. S’y ajoutent les fausses places de marché et les liens d’hameçonnage : ne jamais saisir sa phrase de récupération de portefeuille sur un site reçu par message.



